Vous avez sûrement remarqué mon intérêt pour les cultures et peuples étrangers, avec mes articles sur les Etats-Unis puis sur la Corée.
MON INTERET POUR LES DIFFERENTES CULTURES
Cet intérêt pour tout ce qui est différent remonte à mon enfance, où j'étais déjà fascinée par tout ce qui avait trait à l'étranger : des magazines comme "Terres lointaines", "Paprika", "Images Doc" que j'ai dévoré dès que j'ai sû lire m'ont familiarisé à la diversité des pays. J'aimais beaucoup les portaits d'enfants (puis plus tard d'ados et de jeunes) de mon âge qui vivaient dans d'autres pays : on étaient certes différents, mais tous habitants de la même Planète et on avait toujours quelques points communs, ne serait-ce que le fait que l'on était des enfants !
A partir de mes dix ans, c'était plus par les expéditions du Fleur de Lampaul que je voguais autour du globe par procuration. Je lisais aussi beaucoup, et dans divers magazines tels "Je Bouquine", "Okapi", plus tard "Phosphore", il y avait de temps en temps des articles documentaires sur d'autres pays. Il faut ajouter à tout ça plein de livres et reportages/documentaires TV, et maintenant, Internet. Malgré cela, je trouve que j'ai toujours une vision assez occidentale du monde, une vision assez exotique de certains pays.
Maintenant, c'est principalement par le biais d'Internet que je me documente sur d'autres pays, et par les produits culturels qui me sont accessibles (films, musique, etc ...). Vous pouvez le constater avec la façon dont je vous présente la Corée du Sud !
Petite, j'étais intéressée par l'Asie et l'Amérique du Sud, enfin, surtout leur folklore et leurs passés (les Incas, les Mayas, les Wayanas et autres pour l'Amérique du Sud, et les Samouraïs et autres pour l'Asie). J'étais déjà une bonne petite Française, à m'intéresser au passé plutôt qu'au présent, lol ! Pour la France, c'était le temps des chevaliers qui m'intéressait entre autres (je n'avais pas conscience de tout ce qui n'allait pas à cette période, évidement, comme l'hygiène, l'illetrisme, etc ...), , mais aussi les histoires avec les romains et toute l'imagerie pour enfants quoi ! Je n'avais évidement pas une vision très réaliste des réalités des choses, mais c'est l'un des avantages de l'enfance (même si sur d'autres points, les enfants sont parfois bien plus conscients que les adultes).
PREMIERE CONSEQUENCE : REDEFINITION EN TANT QUE FRANCAISE, EUROPEENNE ET OCCIDENTALE
Puis, à l'adolescence, après une période vaguement patriotique, je me suis intéressé à l'un nos proches voisins, à savoir l'Angleterre. J'y suis depuis allé plusieurs fois, et évidement, je l'ai comparé à la France (que ce soit consciemment ou non, on compare toujours à ce que l'on connaît, même sans le vouloir) et j'ai bien aimé. Alors forcément, je considérais qu'il y avait des trucs mieux outre-manche qu'en France. Mais bon, l'Angleterre, c'était assez facile, ce n'est pas très loin de chez nous et on est obligé d'apprendre l'anglais, donc la langue n'était pas un énorme obstacle.
Je m'étais alors redéfinie comme Française par rapport à un autre pays Européen. L'étape suivante a bien évidement été de me redéfinir comme Européenne et française par rapport à un autre pays. Cet autre pays, comme vous devez vous en douter, à été les Etats-Unis, première puissance mondiale, gendarme du monde, que l'on aime aussi beaucoup critiquer en France (comme pour l'Angleterre), pays avec lequel on entretient aussi une sorte de relation amour-haine, ou plutôt de fascination-répulsion. Il y a donc des similarités avec la relation avec l'Angleterre, mais à un niveau plus élevé.
L'Angleterre, c'était mes années collège et lycée (même si j'aime toujours bien maintenant). Les Etats-Unis, ça a doucement commencé au lycée, mais c'était surtout dans mes années post-bac jusqu'à fin 2005 que ça a duré. Fascination pour ce grand pays, presque un continent, qui est très puissant alors que la France l'est beaucoup moins qu'avant (et tant mieux d'ailleurs !), ce pays des extrêmes, où l'on peut trouver le pire comme le meilleur, une immense liberté d'esprit autant qu'un puritanisme étouffant et j'en passe. Un pays qui diffuse sa culture et ses idéaux partout dans le monde par ses produits culturels (films, musique, séries TV, livres, etc...). Un pays et un peuple qui me fascinent autant qu'ils me repoussent parfois. Ma fascination-répulsion s'est un peu calmée depuis que je suis allé voir de moi-même ce pays, désormais moins inaccessible.
A ben oui, forcément, plus c'est innacessible, plus c'est fascinant ! C'est pas pour rien que les stars existent (entre autres exemple) !
Cette rencontre avec ce pays et son peuple, avec tout ses bons et mauvais côtés, m'a bien évidement poussé à me redéfinir en tant qu'Européenne et Française : j'ai bien senti que j'étais Européenne là-bas, on sentait un esprit, une manière de voir les choses, une sensibilité Européenne quand on se retrouvait entre européens, différents de quand j'étais avec des américains.
Et là, on pourrait dire que c'est déjà pas mal, que je pourrais m'arrêter là....
Mais voilà, je ne peux pas m'empêcher de toujours chercher ailleurs, de nouveaux défis, de nouveaux horizons, quelque chose de différent. Je ne sais pas pourquoi tout ce qui est différent me fascine à ce point, mais en tout cas, vous ne serez pas surpris que je pense que la différence est une grande richesse !
Alors, après ma redéfinition en tant que Français puis Européenne, qu'est-ce que je pouvais encore aller chercher ? Ben, le monde est grand et divers figurez-vous, alors j'avais l'embarras du choix. Ce choix a bien évidement été inconscient, je n'avais même pas conscience de chercher quelque chose, ça m'est un peu tombé dessus ! Cette nouvelle étape, c'est celle de ma redéfinition en tant qu'Occidentale ... par rapport à l'Asie (pour l'instant, surtout la Corée du Sud) ! Je suis en plein dans cette étape qui va sûrement durer quelques années, comme les autres (voire même bien plus, car là, c'est encore plus grand !).
Là, les différences se ressentent tout de suite ! Occident et Orient, c'est bien différent, mais de nos jours, il y a aussi quelques similitudes, et c'est bien évidement par celles-ci que j'ai pû progressivement me glisser dans ce nouveau monde pour moi.
CONSTAT : LE SENTIMENT D'APPARTENANCE A UN PEUPLE
S'intéresser à d'autres pays et cultures, et y voyager, on pourrait penser que cela nous éloigne de notre pays. Vu ma relation amour-haine avec mon cher pays, on pourrait penser que mon intérêt pour d'autres pays est un moyen de m'éloigner du mien. Mais cela serait faux, car, si cela peut nous éloigner un moment, ça nous ramène toujours à un moment ou un autre à notre pays, que l'on se retrouve à appréhender autrement, avec un regard un peu changé. Cela nous pousse surtout à nous interroger sur notre pays, sur notre nationalité, notre culture, etc. En gros, cela nous ramène à la base même de notre identité nationale que l'on se retrouve à questionner.
C'est loin d'être négatif, car, en général, découvrir d'autres cultures nous ramène à nous redéfinir comme Français, Européens, pas à renier cette appartenance : au contraire, on ne se sent jamais autant Français que lorsque l'on n'est pas en France ! Car c'est à ce moment-là que l'on réalise à quel point on est ancré dans une logique, une culture française.
Et toutes ces découvertes me font pas mal réfléchir. Une des choses que j'aimais dans ces autres pays, c'est le sentiment d'appartenance que le peuple avait pour son pays, leur fierté, et leur volonté de se donner (plus ou moins) pour leur pays. Moi, bien que Française, je n'ai pas le sentiment de faire partie intégrante de la France par exemple. J'ai l'impression que l'on est tous, chacun dans notre coin, à ne penser qu'à notre propre intérêt, notre propre petite personne, que l'on ne vit que pour nous-même et nos proches. On ne pense qu'à notre petite vie et on râle sur tous ceux qui ont le pouvoir parce que l'on n'est pas content, mais on ne cherche pas à réellement faire partie de ce pays, à être l'un de ses rouages, une partie de son esprit.
Avez-vous déjà entendu un Français dire qu'il travaillait pour la France ? Pas moi. En général, le Français moyen travaille pour avoir de l'argent pour vivre. C'est le manque que je ressens : on ne travaille pas pour participer à l'avancée de la France ou quelque chose dans le genre, on ne travaille que pour vivre. C'est assez triste et complètement démotivant à mon goût. Je suis une rêveuse. J'ai besoin d'un but différent, plus global. Un repère me manque.
Je suis la première à dire que la France, son Histoire, sa politique, etc, est loin d'être parfaite, surtout son peuple, mais cette imperfection devrait être loin de nous empêcher de vouloir participer à l'avancée de notre pays, si possible dans une bonne voie. Je voudrais pouvoir me sentir fière d'être française (pas de façon aveugle, bien au contraire, je souhaiterai être fière d'être française et d'essayer d'améliorer la France). J'ai vu un nationnalisme aveuglant dans certains pays, et il est clair que ce n'est pas ce type de nationnalisme que je souhaite atteindre, et encore moins un nationnalisme d'extrème-droite. Je parle de nationnalisme au sens "pur" du terme : sentiment de fierté d'appartenance à un pays, mais pas une fierté arrogante (y'en a qui sont doués pour ça parmi les français) mais une fierté humble, réaliste et productive.
CHANGER UN ETAT D'ESPRIT
Au lieu de passer notre temps à critiquer (ou louer, pour certains que je ne comprends pas) notre pays, on ferai mieux de s'impliquer, de mettre la main à la pâte pour l'améliorer. Et je ne parle pas de politique quand je parle de s'impliquer. C'est plutôt d'adopter un nouvel état d'esprit dont je parle, un état d'esprit de désir d'avancée.
On n'a rien sans rien comme qui dirait, n'est-ce pas ? Eh bien je trouve que les français ont trop tendance à oublier ça : il y a un état d'esprit général qui veut que le français veut tout pour rien, le beurre et l'argent du beurre, si possible en bossant le moins possible. Je ne prône pas le travail de dingue comme dans les pays asiatiques (c'est bien pire que les Etats-Unis, croyez-moi, les Etats-Unis c'est plutôt correct en fait !), mais je ne prône pas non plus la fainéantise que je voit malheureusement beaucoup (moi en premier, à mon plus grand regret !).
Je parle d'un idéal là, d'une utopie, mais si on réussissait ne serait-ce qu'à atteindre quelques pourcents de cet idéal, ce serait déjà génial ! C'est à cela que servent les idéaux, les utopies : à nous faire toujours avancer car on ne les atteindra jamais. J'ai l'impression que la France actuelle n'a plus beaucoup d'idéaux, à part individualistes.
Je suis consciente que je parle là de changer en partie les français, mais il faut être réalistes : le pays ne pourra s'améliorer que si son peuple s'améliore, s'il souhaite réellement avancer et donner ce qu'il faut pour cela ! Ce ne m'a pas l'air d'être encore le cas. Pourtant, si on veut que la France change, il faut d'abord que les Français changent, et ça, c'est pas gagné ! Car c'est le peuple qui fait le pays, plus que des frontières ou des hommes politiques (d'ailleurs, là aussi, le paysage politique ne changera que si les français eux-même changent ..... c'est à la fois déprimant et une lueur d'espoir ...).
Un peu de patriotisme ne ferait pas de mal : si les gens se sentent partie intégrante d'un système, cela leur fait des repères et des raisons d'avancer. C'est notament pourquoi je pense qu'un service civil pour tous les français pourrait être utile ..... si les français étaient coopératifs, ce qui est rarement le cas (il risquerait d'y avoir des manifestations, pour ne pas changer). Et que quelque chose dans le genre soit aussi valable pour les naturalisations et autres, pour que vraiment chaque français ait conscience d'appartenir à un tout, à quelque chose de collectif. Car de nos jours, à part lors de quelques événements sportifs (et encore !), je n'ai pas l'impression d'appartenir à un tout qui serait la France.
Oui, voilà, c'est ça que je veux dire : ce sentiment d'appartenance national est très important.
Et cela vaut aussi pour ces jeunes qui veulent les avantages de la France mais se revendiquent d'un autre pays : ça ne marche pas comme ça, les gars ! On ne peut pas demander le même traitement que les autres si l'on ne désire pas faire partie de l'identité nationale ! Par contre, tous ceux qui souhaitent réellement devenir un rouage, une partie de la pensée du pays devrait avoir le droit d'en faire partie. Je sais, c'est une sorte de sélection, mais elle ne me semble pas abusive, elle me semble même plutôt logique. Parce qu'il y a des gens qui s'en fichent et ne font rien et abusent du système (je ne parle pas forcément des faibles classes sociales ici) alors que d'autres veulent réellement s'investir, je trouve qu'il y a une injustice à ce niveau. Je connais des étrangers qui veulent vraiment devenir français, qui travaillent, alors que moi, j'ai encore du mal à me définir comme française, alors je me sens mal vis-à-vis de ces gens que j'admire et dont je me demande parfois ce qu'ils trouvent à la France (et surtout aux Français).
C'est comme la devise "Liberté, égalité, fraternité" : du coup, tout le monde réclame l'égalité, alors qu'elle est impossible ! Il faut préciser de quel type d'égalité on parle. Par exemple, dans une famille, les plus jeunes enfants ne sont pas traités de la même manière que leurs ainés car cela est tout simplement impossible car les conditions sont différentes, je le sais, je fais partie d'une famille ! Mais ce n'est pas une injustice, c'est juste que l'on ne peut pas réclamer un traitement identique à ceux des autres, tout simplement car les conditions ne sont pas les mêmes : l'égalité ici naît d'un traitement différent, justement, adapté aux conditions spécifiques de chaque individu, de l'époque, etc .... On dit bien que la famille est le microcosme de la société, non ? Eh bien dans ce cas-là, il est clair que l'égalité de type "il a ça donc moi aussi je dois l'avoir sinon il n'y a pas égalité" n'est pas de rigueur et c'est normal ! Après, c'est un tout autre problème de définir le degré d'égalité.
A l'ère moderne, il est important de se sentir citoyen du monde, mais pour cela, il est nécessaire d'avant tout se sentir citoyen d'un pays ! C'est logique, et c'est une question d'équilibre. Mon problème et que je ne me sens pas encore réellement citoyenne de mon pays ! J'ai donc du mal dans certains domaines.
Pourtant, je suis consciente que j'ai beaucoup de chance de vivre en France et d'être Française, n'allez pas penser le contraire ! J'aime beaucoup de choses en France, mais j'ai encore du mal par rapport à l'état d'esprit français. Comme dirait nos amis anglais : Why we love France but not the French ! Je comprends très bien ce sentiment !
Au fond, je ne demande qu'à aimer la France apparement, qu'à en être fière !
Voilà, un très long article qui, à partir d'une de mes caractéristique, amène à voir un peu ce que je pense de certaines questions.
Je ne me savais pas si patriotique ! Voilà où ça me mène d'aller voir ailleurs ! :p
Je suis consciente qu'il n'y a pas grand chose de nouveau dans ce que j'avance, mais j'avais juste besoin d'exprimer ce sentiment de frustration.
Après tout, je n'ai pas fait d'études de sciences sociales et/ou politiques, alors il y a plein de choses dont je n'ai pas conscience, je le sais bien ..... et c'est pourquoi, si jamais vous avez des éléments que je n'ai pas et que vous souhaitez partager, n'hésitez pas à poster des commentaires ! :)
Et je conçois aussi tout à fait que pas tout le monde ne soit d'accord avec ce que je pense ou alors que des gens ne comprennent pas que je puisse penser ainsi.